Don Juan, est librement inspiré par une nouvelle musicale de ETA Hoffmann, et mis en scène par Frédéric Ortiz
Nous sommes dans une auberge qui jouxte un théâtre. Un couloir sombre mène directement à la loge des étrangers, d'où un voyageur assiste à une représentation de Don Giovanni. On pénètre le monde étrange de la musique et des fantômes, l'atmosphère de prédilection de Hoffmann, grande figure du romantisme allemand. Il inspira à Offenbach les fameux Contes d'Hoffmann, et à Tchaïkovski le Casse noisette.
Après le spectacle, petite conférence-débat animée par Frédéric Ortiz autour du mythe de Don Juan
Samedi : spectacle 21h, restaurant ouvert à partir de 19h15
Dimanche : spectacle 15h, restaurant ouvert à partir de 11h30 (grande terrasse)



Dona Musique ou le Double

Est-ce le champagne, le sommeil qui fait percevoir au voyageur une étrange musique dans sa chambre d’hôtel ? Le fait que l’hôtel soit attenant à l’Opéra permet au "voyageur enthousiaste", de passer de l’ivresse et du sommeil à l’ouverture de Don Giovanni. Une simple porte en tapisserie, en effet, sépare la chambre de l’hôtel et la loge dite des étrangers. Le petit corridor joue curieusement le rôle d’une lorgnette, longue-vue qui abolit la distance, comme le gland de sonnette figure la mise en place du spectacle, et annonce un peu à la manière d’un reflet dans un miroir, la sonnette de théâtre.
Dans sa loge 23, le voyageur se trouve seul et libre dans l’opéra Don Giovanni et peut s’identifier à ce chef d’œuvre si parfaitement exécuté. La représentation de Don Giovanni offre au voyageur le bonheur rare d’une parfaite exécution aussi fidèle que possible à l’esprit de Mozart.

E.T.A Hoffmann semble introduire la problématique du réel/irréel.
Le monde fantastique se confond avec le monde du rêve, et le voyageur, quand il se raconte, analyse l’état qui l’anime comme une sorte de somnambulisme. Le scénario fantasmatique et la rêverie à laquelle s’adonne le voyageur ont comme point de départ bien réel la représentation de Don Giovanni. La création d’Hoffmann figure ici les rapports secrets et bien réels qui unissent le voyageur à Dona Anna, rapports si étroits que même son apparition sur scène n’a pas pu la séparer de lui.

Dona Anna, "revisitée", est le Double féminin de Don Juan. Elle est la flamme du divin qui brûle en Don Juan. Au travers de Dona Anna, ce que voit Hoffmann, c’est la fiancée de Satan, chère aux Romantiques. La ruine de Don Juan devient la mort de Dona Anna. Dona Anna est l’âme de Don Juan, âme morte à toute espérance terrestre, qui s’éteint avec lui. La mort du héros suivie nécessairement de la mort de l’ombre transporte le voyageur dans un monde délivré.

La fin est présentée sous forme de dialogues qu’on pourrait dire d’ombres sans visages : un homme faisant claquer le couvercle de sa tabatière, une figure de mulâtre, un insignifiant. Une étrange conversation à la table « d’hôtes » constitue ainsi l’épilogue. Nous apprenons avec "Je" que " La signora est morte cette nuit, à deux heures précises". La mort a le dernier mot.

À propos de la création de DON JUAN- Station Alexandre




Ernst Théodore Wilheim Hoffmann, musicien, écrivain, poète allemand qui, par amour de la musique de Mozart, prit le troisième prénom d’Amadéus. Son œuvre repose sur la faculté de dédoublement romantique qui lui permet l’évasion dans le fantastique. Cette communication entre deux mondes étrangers donnera naissance à ce que l’on a appelé le « réalisme fantastique » qui fait de Hoffmann le lien entre le romantisme et les générations futures.
Comme nouvelle musicale, Don Juan installe un double parcours de lecture, l’un menant à l’exaltation de la musique comme réalisation absolue du génie romantique, l’autre manifestant le recul de la musique devant la parole fantastique qui paraît transmettre au lecteur le « frisson » de la musique.


DON JUAN

D’après E.T.A Hoffmann
Adaptation et mise en scène de Frédéric Ortiz

Avec
Frédéric Ortiz : Le voyageur
Anne-Marie Ortiz : Dona Anna
Sophie Ortiz : La servante de l’hôtel
André Gerst : Un pensionnaire de l’hôtel



TP 15 € / TR 12 € / TTR 8 € (parking sécurisé gratuit - covoiturage pour le retour)


les répétitions